L’art d’un essayiste par AC Benson – La clé du bien-vivre

L’art d’un essayiste par AC Benson – La clé du bien-vivre

8 novembre 2022 Non Par Bricolage Plus

Un essai est quelque chose que l’écrivain écrit lui-même. Selon Benson, depuis la naissance même de l’essai en tant que genre entre les mains de Montaigne, l’essai a été un mélange confortable de personnel et de subjectif, et en fait a été le plus personnel de tous les genres. La touche personnelle insuffle vie et charme à l’essai à travers la personnalité de l’essayiste. Le charme est évident car l’essai est quelque chose que l’écrivain écrit lui-même où il met à nu son cœur de la manière la plus confidentielle. Un essai peut être sur une variété de sujets, mais il doit avant tout montrer un intérêt pour la vie. Il doit refléter la personnalité agréable de l’auteur et également changer le regard du lecteur. Ainsi écrit Benson, Montaigne, le père de l’essai en littérature, tout en écrivant ses essais se préoccupe de « l’homme Montaigne ». Ainsi, l’essai est une rêverie pour l’essayiste – c’est une séquence lâche de pensées, de nature irrégulière, qui s’attarde sur le moment et permet à l’écrivain de s’attarder et de correspondre à lui-même. Montaigne a merveilleusement employé une telle technique pendant qu’il écrivait ses essais, présentant une certaine humeur de l’esprit, et insufflant du charme en étant intime et personnel.

Un essai est quelque chose que l’essayiste fait par lui-même. Pour l’essai, nous pouvons remonter à Cicéron ou à Platon. Cicéron traitait de sujets abstraits sur fond romantique. Platon a discuté des problèmes spéculatifs et éthiques de la vie et a essayé de trouver un intérêt philosophique. Le tempérament anglais n’a pas le charme de Montaigne. Ils ont trop de préjugés, sont secrets, étroitement surveillés quant à leur vie privée. Mais Lord Brougham a prouvé qu’on peut garder son intimité tout en s’affichant.

Religio Medici ou Urn Burial de Sir Thomas Browne contenait des essais de style rhétorique élaboré. Addison dans The Spectator traitait d’un humour délicat. Charles Lamb traitait du romantique et du simple. De Quincy a écrit une autobiographie passionnée tandis que Pater a utilisé l’essai pour une sensation artistique exquise. Dans tous ces écrits la souche commune est l’élément personnel, l’essai reflète la personnalité de l’auteur.

Un essayiste n’est pas un poète. Un essayiste traite dans une certaine mesure avec l’humour. Mais l’humour est étranger à la poésie qui est plutôt d’humeur sacrée et solennelle. Le poète est émotif, révérencieux, excitable, à la recherche du sublime et de l’exalté. Il veut transcender les soucis quotidiens mesquins et banals, les éléments discordants et indignes de la vie. La similitude de l’essayiste avec le poète est qu’un essayiste peut aussi faire un effort pour susciter l’émotion. Mais un essayiste utilise les matériaux les plus courants de la vie et transforme des expériences simples avec une délicatesse de conte de fées et une lueur romantique. Derrière toutes les formes d’art, qu’il s’agisse de poésie ou de prose, se cache le principe de l’émerveillement, de l’attention arrêtée. Cela doit non seulement être le sens de la beauté, mais aussi le sens de la forme physique, de l’étrangeté, de l’exhaustivité, de l’effort efficace. L’émerveillement qu’éprouve un sauvage à la vue d’une ville civilisée n’est pas le sens de la beauté mais le sens de la force, des ressources mystérieuses, des produits incroyables, des choses inintelligibles. Il y voit aussi le grotesque, l’absurde, l’amusant et le jovial. L’essayiste traite de ces émotions fondamentales. Il filtre les éléments saillants de ces émotions instinctives et les enregistre dans un langage impressionnant.

Ainsi, un essayiste est un spectateur de la vie. Comme catalogué dans le poème de Browning « comment ça frappe un contemporain », le matériau de l’essayiste regarde le cordonnier au commerce, l’homme qui tranche le citron, le brasero du torréfacteur, les livres sur les étals, les affiches en caractères gras sur le mur, un homme battre son cheval ou maudire une femme et ainsi de suite. L’essayiste choisit son cadre, peut-être une rue, un paysage ou une galerie de photos. Mais une fois qu’il a choisi, il doit entrer dans le vif du sujet.

L’essayiste doit avoir de la largeur d’esprit. Il ne peut pas simplement se livrer à son activité qu’elle soit d’homme politique ou de voleur dans le seul but de faire du profit. Il ne peut pas être prévenu dans ses faveurs, c’est-à-dire qu’il ne doit pas haïr ses adversaires et favoriser ses amis. S’il condamne, méprise, désapprouve, il perd la sympathie. Il doit avoir un esprit global pour profiter de tout ce qu’il pense mériter d’être enregistré, et ne pas être étroit d’esprit. Les personnes à veste étroite comme un banquier, un réformateur social, un plaideur médico-légal, un fanatique, un excentrique ou un puritain ne peuvent pas être un essayiste. L’essayiste doit être large d’esprit mais pas moral. Il doit être tolérant, il doit discerner la qualité, il doit se préoccuper de l’image générale de la vie en rapport avec le cadre et les personnes, et non des buts et des objectifs.

Le charme de l’essayiste réside dans la traduction d’un sens de la bonne humeur, la courtoisie, la nature raisonnable et dans l’effort d’établir une amitié agréable avec le lecteur. On ne lit pas l’essai pour une information ou une définition, mais pour trouver une solution acceptable à une masse de problèmes enchevêtrés qui surgissent dans notre vie quotidienne et dans nos relations avec les gens. L’essayiste prendrait un problème de la vie quotidienne et l’approfondirait pour trouver les raisons de nos actions saccadées, les raisons de notre attirance ou de notre répulsion envers les gens et essaierait de suggérer une théorie pour cela. En lisant un essai, un lecteur devrait être obligé d’avouer qu’il avait pensé dans la même veine mais qu’il n’avait jamais discerné le lien. L’essayiste doit réaliser que les convictions de la plupart des gens ne sont pas le résultat de la raison, mais une masse d’associations, de traditions, de phrases à moitié comprises, de loyautés, de caprices, etc.

L’essayiste doit considérer la faiblesse humaine, pas la force humaine. Mais tout en acceptant la faiblesse humaine, il doit essayer d’infuser en eux des éclairs d’idéalisme. Il devrait garder à l’esprit que l’esprit humain, malgré sa faiblesse, est capable d’idéalisme, de visions passionnées, d’humour irresponsable qui peuvent provenir d’esprits obscurs et ternes. La tâche de l’essayiste est de faire prendre conscience au lecteur de sa propre valeur, que chaque esprit humain est capable de saisir quelque chose de grand et de lointain qui, cependant, n’est pas toujours clair dans nos esprits. La nature humaine est indécise, elle vacille. Le but avoué de l’essayiste est de faire comprendre au lecteur que chaque personne a un rôle à jouer dans la vie, qu’elle a un intérêt à prendre dans la vie, que la vie est un jeu plein d’exutoires et de canaux palpitants et que la vie n’est pas seulement destinée à millionnaires ou politiciens.

L’essayiste enseigne donc finalement que la vie n’est pas seulement une question de réussite mais de plénitude. Le succès peut brouiller notre vision de la vie et rendre une personne pleine d’importance personnelle. Ce qui compte, c’est combien une personne peut donner que prendre.

La similitude entre un essayiste et un poète est que les deux perçoivent la grandeur de la vie. Mais l’essayiste travaille avec un matériau plus humble. L’essayiste n’est pas un romancier parce qu’il ne traite pas de matière fantaisiste mais simple. L’essayiste doit détecter la sublimité de la vie. La vie n’est pas toujours excitante, pas toujours dans l’attente de quelque chose qui va arriver. Il y a des intervalles monotones entre les deux. La tâche d’un essayiste est de faire ressortir quelque chose de riche et d’étrange de ces lacunes monotones.

Ainsi, un essai en tant que genre ne peut pas non plus être strictement classé. C’est comme un prélude d’orgue qui peut être modéré, modulé et coloré. C’est aussi en quelque sorte une critique de la vie. C’est un processus d’apprentissage qui enseigne à ne pas condamner le négatif mais à percevoir la plénitude de la vie et à englober toute expérience. Un essayiste est un interprète de la vie. Il est dans une courte boussole une combinaison de l’historien, philosophe, poète, romancier. Il observe et analyse la vie, la colore de sa fantaisie, apprécie le charme et la qualité des choses simples et s’efforce de faire en sorte que les autres mènent une vie meilleure.